Facebook – Libra et banques, un amour possible ?

Quelques jours après le lancement de Libra, est publié (pdf) l’un des premiers aperçus importants du monde bancaire sur le sujet. Bien que la Balance ne soit en aucun cas explicitement mentionnée dans le document (sauf dans les notes en bas de page), les références sont tout sauf cachées : au centre de l’attention se trouve le point de tangente entre le périmètre du monde bancaire et le périmètre de l’univers « big tech », ce dernier étant de plus en plus orienté vers la dimension Fintech, sorte de destin inévitable dans cette phase de maturité du marché.

Bref, la Balance, dans cette perspective, peut être vue non pas comme une solution révolutionnaire en soi, mais comme une sorte d’atterrissage qui émerge d’un contexte mature, comme une conséquence d’une série de circonstances qui ne peuvent mener à ce type d’expérience. Nous n’en sortons pas avec un jugement complet, mais avec une série d’analyses importantes qui montrent les aspects bons et dangereux qu’un tel horizon permet de dégager.

A l’aube de la Balance, en bref, le système bancaire commence à réfléchir sur ce qui va se passer. La signature est la « Banque des Règlements Internationaux« , sorte d’institution interbancaire dirigée par les banques centrales et destinée à gouverner le monde bancaire au niveau international à travers des rencontres, des études et des accords qui stimulent la coopération et la recherche d’un équilibre général dans le secteur. La voix Francena au sein de la BRI est celle de Fabio Panetta, directeur général de la Banque de France depuis quelques mois.

Big Tech en finance : opportunités et risques

Puisque le titre du rapport est clair, l’approche : « opportunités et risques« , les deux côtés de la même monnaie que le marché doit avoir à l’esprit. Vous ne pouvez pas prendre l’un sans l’autre, mais en même temps vous pouvez exalter les aspects positifs en proportion de ce que vous serez en mesure de réglementer ceux qui sont potentiellement dangereux.

D’une manière générale, la BRI est d’avis que l’arrivée de Big Tech dans le monde de la finance pourrait également constituer une étape importante pour le monde bancaire, avec laquelle des synergies importantes pourraient être réalisées. D’autre part, la vocation « prédatrice » (dans un sens passif, en quelque sorte) du monde technologique représente un risque tant pour le système bancaire que pour les utilisateurs : seule une limitation du pouvoir – par nature croissant et omnivore – des grandes entreprises permettra de voir une évolution positive du secteur.

L’univers Fintech est né sur un substrat de données : l’information est en effet l’actif le plus précieux que les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et autres services ont la capacité de gérer. Tirant parti de Big Data et agissant avec une forte évolutivité, les grandes entreprises technologiques se trouvent dans une position pratique qui, aujourd’hui, en pleine expansion dans le monde de la finance, ont l’intention de monétiser avec des services nouveaux et supplémentaires. Mais on ne peut aborder le monde de l’épargne sans une solide prudence, car il s’agit de mettre la main sur le « code source » du monde financier en agissant sur la matière première avec laquelle il se règle lui-même : l’argent.

Synergies

Selon la BRI, la Balance pourrait être le point de contact entre les deux univers, le financier et le technique, utile pour explorer les synergies possibles. Les deux mondes se rencontrent en mettant leurs forces respectives sur la plaque. D’un côté, il y a le capital, une relation consolidée avec les utilisateurs, une forte présence sur les riches marchés occidentaux et une forte structuration ; de l’autre, il y a les données, la désintermédiation, la capacité à atteindre des marchés où le monde des banques n’a pas suffisamment pénétré et la capacité à agir au niveau international.

Il existe une complémentarité potentiellement profonde entre les parties. Si l’on offrait plus d’informations aux banques, par exemple, les coûts de surveillance nécessaires pour connaître les clients, contrôler les débiteurs, gérer les flux monétaires s’effondreraient ; d’autre part, l’univers technologique ouvrirait de nouvelles opportunités où aujourd’hui d’autres acteurs intermédiaires gèrent les flux monétaires et leurs frais.

Si les deux domaines réussissent à mettre en commun les utilisateurs, les bénéfices pourraient être importants et se concrétiser en même temps que le système bancaire décide de faire un pas au sein de l’Association Balance. Les parties agissent à différents niveaux, elles pourraient en quelque sorte se compléter en réduisant les risques globaux et en étant capables de gérer des marges plus élevées. L’ensemble du système en bénéficierait, au détriment des instruments intermédiaires qui ralentissent aujourd’hui la circulation de la monnaie (ce qui, en termes keynésiens, signifie réduire la richesse globale de l’économie internationale).

Risques

Le document de la Banque des Règlements Internationaux n’ignore cependant pas quelles sont les limites que nous ne devrions pas dépasser. Tout le monde connaît, en effet, la position de force que les éléments intermédiaires tendent à conquérir au fil du temps, une sorte de force centripète qui tend à absorber les avantages concurrentiels en s’appuyant sur la propriété des données. C’est pourquoi la protection de la vie privée (entendue moins comme la protection du consommateur en soi que comme la gouvernance des données collectées) devient un élément central, une garantie d’équilibre visant à rendre plus solide et transparent le rapport de force entre la finance, la technologie et l’utilisateur final.

Selon la BRI, l’orientation des Big Tech vers la finance est dictée par leur « ADN » (acronyme, dans ce cas, de « Data analytics, Network externalities and Interwoven activities« ) : c’est une sorte de cycle naturel dans lequel les trois éléments ont tendance à se stimuler mutuellement, ce qui impose simplement le devoir de nourrir les éléments eux-mêmes pour obtenir de multiples bénéfices pour les induits. Cependant, cette impulsion risque d’avoir un impact négatif sur le marché financier si les contre-mesures réglementaires nécessaires ne sont pas prises à temps : les monopoles dans la gestion des données risquent de mettre le manche du couteau entre les mains de grandes entreprises privées, capables d’échapper aux réglementations étatiques et dont le pouvoir ira se nourrir sans limite. Leur propre modèle économique le dit : le contrôle des données est la base de tout, donc Big Tech doit être capable de le monétiser, mais en même temps doit rendre la collection transparente et la gestion propre. Rien de trop éloigné de ce que l’AGCOM a demandé ces derniers jours : l’Autorité demande des pouvoirs spéciaux à cet égard pour approfondir la Balance et pouvoir affirmer une voix claire contre le réseau social à l’aube du nouveau Cryptomonet.

En termes plus simples : quel serait le marché dans lequel le même acteur collecterait des données, deviendrait un intermédiaire financier, contrôlerait les flux monétaires, gérerait la publicité, dicterait les règles des publications et influencerait les choix du marché ? Où se situent encore les marges de liberté de l’utilisateur ?

Une main tendue

En bref, le document de la BRI semble être un coup de pouce du système bancaire à l’Association Balance. Mais c’est une main qui mène des demandes et des négociations précises : la Balance peut être saluée, car elle peut réduire les coûts structurels de la relation entre les banques et les utilisateurs et améliorer l’efficacité globale à bien des égards, mais elle doit se présenter avec des politiques claires et explicites. Des règles internationales fortes et des relations claires avec les États nationaux joueront le rôle d’arbitres dans cet équilibre (qui garantit également la très grande solidité de la notion d’État).

Regole nel rapporto tra finanza e tecnologia

L’analyse de la BRI est claire sur ce point :

Les nouveaux arrivants sur le marché peuvent ne pas accroître la concurrence s’il s’agit d’un nouveau venu dans le secteur de la grande technologie[…]

Les règles d’aujourd’hui ne seraient pas correctement construites pour limiter les grands acteurs technologiques (puisqu’ils se concentrent sur les marchés uniques plutôt que sur les dimensions transnationales) qui, bien que partant de petites positions, pourraient bientôt devenir des leaders sans que personne ne puisse s’opposer aux mesures de lutte nécessaires. On pourrait donc trouver rapidement l’équilibre du secteur financier subverti sans que personne n’ait rempli son devoir, ce qui obligerait à agir a posteriori dans des affaires difficiles en matière d’ententes et d’abus de position dominante.

De plus, la propriété et le partage des données sont des concepts encore mal définis aujourd’hui, et ne peuvent donc pas être régis dans un contexte réglementaire spécifique. Selon le rapport de la BRI, les informations supplémentaires que Big Tech pourrait obtenir des banques sont de la plus haute valeur (et d’une valeur ajoutée lorsqu’elles sont mélangées à des données existantes), ce qui pourrait donner à ces entreprises un avantage concurrentiel insurmontable : soit on définit exactement qui est le propriétaire des données et qui a le droit de les exploiter (et comment), soit le risque est celui d’un oligopole inévitable qui mettra toute sa puissance aux mains des grands noms de la technologie.

La Balance et d’autres systèmes ou monnaies cryptographiques peuvent apporter, en bref, une ouverture totale à l’innovation, mais seulement dans le contexte de règles claires et de rôles définis. Sinon, le sourire des circonstances se transformera en opposition, le système bancaire étant prêt à affirmer son poids et son autorité. Ce n’est pas écrit en noir et blanc dans le rapport, mais entre les lignes, le message est parfaitement clair.

 

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