Les prétendues « nouveautés » de l’homéopathie ne sont que de vieux buffles (supplémentaires)

Certains articles parus ce mois-ci dans des journaux italiens parlent de découvertes récentes fantômes sur le mécanisme d’action des produits homéopathiques. Mais c’est une vieille recherche scientifique, qui a été niée

Selon certains journaux, l’actualité voudrait dépasser le concept controversé de la mémoire de l’eau et donner à l’homéopathie un nouveau regard scientifique. « L’homéopathie ? Un numéro purement chimique » est le titre de l’article publié ce mois-ci dans les pages de l’édition italienne du magazine Popular Science, dans le cadre du compte-rendu d’une conférence internationale consacrée au monde homéopathique qui s’est tenue à Florence en mars.

En un mot, la nouveauté scientifique en question consisterait à identifier autre chose, au-delà de la fameuse eau et du sucre, dans les remèdes homéopathiques. Par des observations au microscope électronique, les chercheurs auraient trouvé « un nombre significatif de molécules d’ingrédient actif dans toutes les dilutions ». Cela suffirait à clarifier pourquoi les produits homéopathiques produiraient des résultats allant au-delà du simple effet placebo, expliquant le mécanisme de fonctionnement et « suffisant pour donner une réponse thérapeutique », sans avoir à le justifier par des théories cérébrales telles que celle des propriétés magiques de l’eau.

L’étude qui réécrirait l’histoire de l’homéopathie

Si la nouvelle était vraie (mais elle ne l’est pas, comme nous le verrons), nous serions confrontés à un changement total de paradigme dans le monde homéopathique. En pratique, même sous forme hyper diluée, les remèdes homéopathiques continueraient à contenir des ingrédients actifs en quantités mesurables en raison d’un défaut de préparation. En fait, certaines molécules, dit-on, resteraient en quelque sorte accrochées aux métasilicates de verre des récipients utilisés pour les dilutions, donc elles survivraient dans les solutions quel que soit le nombre de passages effectués.

Bref, l’idée est que jusqu’à présent nous aurions été trompés sur le fonctionnement même de l’homéopathie : les dilutions auraient en fait été inexistantes car les récipients utilisés auraient été sales. Ou, si vous préférez, contaminés dans la mesure nécessaire pour assurer des concentrations extrêmement faibles (millimètres) mais non nulles de la substance active.

Un tas de vieux buffles

Le principal problème des nouvelles publiées sur Popular Science, enrichies ensuite par un deuxième article du 13 mai et d’autres nouvelles parues dans les magazines de l’industrie, est l’absence totale de sources clairement rapportées, à part les références à deux chercheurs nommés Jayesh Bellare et Edward Calabrese. Selon ce que Bufale a reconstitué tant par kilo, les documents originaux auxquels nous voudrions nous référer sont deux études datant respectivement de 2010 et 2017, disponibles en libre accès sur les archives PubMed.

Le premier point est donc que ce n’est pas du tout nouveau, mais des informations qui peuvent être consultées en ligne pendant 9 et 2 ans respectivement, et dépoussiérées en Italie à l’occasion de la conférence florentine susmentionnée, entre autres choses organisées par la Société italienne d’homéopathie et médecine intégrée (Siomi). Entre autres choses, Edward Calabrese lui-même a été invité à prendre la parole à la conférence.

L’étude de 2012 a donc déjà fait l’objet d’un débat au sein de la communauté scientifique au moment de sa publication, et il en est ressorti une totale incohérence des thèses présentées. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, voici un compte rendu détaillé de l’ensemble de la recherche. Il ressort notamment d’une analyse attentive que les passages les plus significatifs de l’étude ressemblent davantage à une spéculation philosophique qu’à une application rigoureuse de la méthode scientifique, et globalement il n’y a pas eu de véritable dépassement de la théorie de la mémoire de l’eau.

Un problème scientifique ou journalistique ?

Du point de vue de la communauté scientifique, le débat est actuellement inexistant. Il s’agit en fait d’une étude qui s’est révélée être un buffle important qui aimerait à son tour démasquer un autre buffle, celui de la mémoire de l’eau. Ce qui est surprenant, cependant, ce n’est pas l’existence de ces documents, mais le fait que ces contenus soient mis en évidence dans les journaux nationaux qui traitent, pour leur propre information, de la science. Curieux alors que sur le même journal, il ya moins d’un an et lorsque les journaux de Bellare et Calabrese ont déjà été publiés, est sorti un article qui fait valoir le contraire exact de ce qui a été écrit il ya quelques jours, et qui, en fait, soutient la vieille théorie de la mémoire de l’eau.

A la fin de cette histoire, nous arrivons à une contradiction logique difficile à surmonter. Les mêmes partisans de l’homéopathie déclarent que « le tournant est enfin arrivé », niant (il était temps) qu’il existe des propriétés extraordinaires et non prouvées de l’eau. Mais s’il est maintenant clair que même la « nouveauté » est un canular, comment revenir en arrière ? Peut-être en réhabilitant la mémoire de l’eau après l’avoir niée, comme si de rien n’était.

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